Adoption Sourde d’un monde

Une autre femme Sourde d’expérience, Hélène Hébert, nous a fait le plaisir de donner une conférence en compagnie de Louis Gentile, son mari jovial, au sujet de l’adoption internationale. De plus en plus, cette réalité nous touche, préoccupe. Malheureusement, je n’ai pu voir cette conférence, mais je livre certaines réflexions tout de même des suites de certains échanges et méditations sur le sujet.

À l’heure du déclin démographique, même s’il est annoncé comme conséquence cataclysmique de l’avenir du Québec, je ne suis pas alarmiste face au destin, autant Sourd que québécois. Cependant, il faut tout de même nous en préoccuper. La fertilité des couples n’est pas toujours au rendez-vous et les couples de même sexe se multipliant, de même que les divorces et les gens célibataires, il va de soi qu’il faut recourir à de différents moyens pour élever des familles autrement. Nous ne sommes plus dans les années 1950, nous devons évoluer librement vers de nouvelles conceptions, façons de voir les choses.

La communauté Sourde est composée de 70 millions de personnes sourdes, dont 80% dans les pays en développement. Il me semble plausible que l’on développe un réseau d’adoption international, spécifiquement avec les personnes Sourdes. Imaginez si déjà une bonne partie des enfants Sourds isolés partaient à la découverte de leur monde… Cela solutionnerait une bonne part de problèmes, en même temps que nous pourrions faire connaître la condition sourde d’une autre façon. Pour sortir la communauté Sourde d’une pensée qui la ghettoïse, stigmatise, il faut d’abord reconnaître ses besoins et ses réalités. Comme l’éducation se joue avant six ans, il est important d’intervenir dans le développement de l’enfant Sourd, qu’il puisse apprendre, évoluer par lui-même, et conquérir le monde, le réaliser et l’accomplir comme participant à part entière.